La santé mentale des gestionnaires pourrait être la pièce manquante de votre stratégie sur le bien-être.

La première personne vers laquelle vos employés se tournent lorsque les choses ne vont pas bien ne se porte pas bien elle-même.

Imaginons sa journée : Des réunions qui s’enchaînent. Une demande d’accommodement à approuver. Un conflit au sein de l’équipe à résoudre avant vendredi. Une note mentale de faire le point avec les RH au sujet d’un subordonné direct qui se fait discret ces derniers temps. L’idée de dîner ne lui vient en tête qu’à 14 h, et elle finit par manger un plat froid à son bureau à 16 h.

Cette personne, prise entre les besoins de tout le monde, est aussi le principal facteur déterminant de l’expérience de travail de vos employés. Des recherches de Gallup montrent systématiquement que c’est le comportement des gestionnaires qui explique environ 70 % de la variance dans l’engagement des équipes. Pas la culture d’entreprise, ni les avantages sociaux, ni les politiques de travail flexibles, mais bien le gestionnaire direct.

À la fin de la journée de travail, elle n’a plus le temps de se ressourcer. Elle va chercher ses enfants à l’école à 17 h, puis s’occupe du souper, des devoirs, de l’organisation et de la routine du coucher. Son sommeil est perturbé et elle a mille choses en tête : les réunions de demain, un membre de l’équipe qui l’inquiète, la pression de soutenir tout le monde tout en gardant son sang-froid.

Le réveil sonne, puis tout recommence. Et selon certaines des études les plus importantes sur le monde du travail publiées cette année, cette personne pourrait bien se diriger vers l’épuisement professionnel.

Bien qu’il ne s’agisse là que d’un exemple, la santé mentale des gestionnaires est souvent façonnée par cet état intermédiaire constant, où ils assument des responsabilités dans les deux sens, tout en ayant rarement le temps de se remettre de l’un ou de l’autre.

Vous vous êtes attaqué au mauvais problème 

À l’occasion du Mois de la sensibilisation à la santé mentale, la plupart des organisations lanceront des campagnes de sensibilisation, rappelleront à leurs employés l’accès au PAE et formeront les gestionnaires à repérer les signes d’épuisement professionnel au sein de leurs équipes. Toutes ces mesures sont importantes. Elles ont toutes leur place.

Or, une certaine lacune structurelle s’installe.

Le rapport 2026 de Gallup sur l’état du monde du travail montre que l’engagement des gestionnaires à l’échelle mondiale s’est effondré de neuf points ces dernières années, passant de 31 % à 22 %. Pour la première fois dans l’histoire de Gallup, les gestionnaires ont perdu ce que les chercheurs appellent la « prime d’engagement », cet avantage fiable qu’ils détenaient auparavant sur les personnes qu’ils dirigent. Les gestionnaires ne sont désormais, en moyenne, pas plus engagés que les employés qu’ils sont censés soutenir.

Parfois, les personnes dont le travail consiste à maintenir la cohésion de vos équipes peinent elles-mêmes à tenir le coup.

La Dre Reena Kotecha, consultante en organisation et experte de LifeSpeak en matière de santé mentale au travail, a donné un nom à ce phénomène. À travers sa bibliothèque de ressources sur la plateforme LifeSpeak, elle explore l’intersection entre la culture organisationnelle et le bien-être individuel. Dans sa ressource intitulée Craquer en silence : qu’est-ce que c’est, et comment réagir, elle décrit un phénomène qui se répand dans les lieux de travail comme « un sentiment persistant de mécontentement au travail qui mène à un désengagement, à un faible rendement et à un désir accru de démissionner ». Ceux qui en souffrent « effectuent leurs tâches, mais luttent sur le plan mental et émotionnel en raison d’un stress chronique, d’un sentiment de dévalorisation ou d’un manque perçu de soutien ».

« On ne peut pas demander à un gestionnaire en épuisement professionnel de maintenir la cohésion d’une équipe en difficulté. Cependant, c’est exactement ce à quoi la plupart des stratégies de bien-être sont destinées. »

Pourquoi l’épuisement professionnel des gestionnaires est le facteur le plus déterminant dans vos données sur le bien-être

Des recherches de Gallup montrent systématiquement que c’est le comportement des gestionnaires qui explique environ 70 % de la variance dans l’engagement des équipes. Pas la culture d’entreprise, ni les avantages sociaux, ni les politiques de travail flexibles, mais bien le gestionnaire direct.

Ce qui signifie que l’épuisement professionnel que vous essayez de traiter au niveau des employés est, en grande partie, déterminé par ce qui se passe un échelon plus haut. Un gestionnaire aux premiers stades de l’épuisement professionnel ne se désengage pas soudainement. Il se replie sur lui-même. Il survit à la journée. Il cesse d’entreprendre les entretiens de suivi qui permettent de repérer tôt les difficultés vécues par les membres de l’équipe. Et les signes avant-coureurs qu’il aurait pu remarquer il y a six mois restent sans réponse jusqu’à ce qu’ils se transforment en congés.

France St-Hilaire, Ph. D., professeure en gestion des ressources humaines et experte de LifeSpeak, le dit sans détour. Comme elle l’explique dans sa série de vidéos LifeSpeak sur la santé mentale des gestionnaires, « Le gestionnaire a le pouvoir par son comportement, par ces pratiques très spécifiques, d’agir sur les stresseurs qui sont présents dans l’environnement de travail. » D’ailleurs, les personnes ayant des gestionnaires de première ligne solides sont nettement plus susceptibles de déclarer une meilleure santé, un engagement plus fort et un retour au travail plus sûr après un arrêt pour raisons de santé mentale.

L’inverse est tout aussi vrai. Les arrêts de travail pour raisons de santé mentale ont grimpé de 33 % d’une année sur l’autre. Soixante et un pour cent des responsables des RH indiquent que les absences pour raisons de santé mentale ont augmenté au sein de leur propre organisation au cours des 12 derniers mois. Il s’agit, au moins en partie, d’une conséquence en aval d’une hiérarchie poussée à ses limites, incapable de détecter les premiers signes avant-coureurs au sein de ses équipes parce que personne n’a détecté les siens en premier.

L’essor de l’IA rend cet enjeu encore plus urgent

Toutes les organisations sont en pleine transformation IA. La plupart sont frustrées que l’investissement ne se traduise pas par des résultats. Les données de Gallup apportent une réponse claire : les employés dont le gestionnaire défend activement l’utilisation de l’IA sont 8,7 fois plus susceptibles de dire que cela a transformé la façon dont le travail est effectué. Le facteur le plus déterminant pour le succès de l’adoption de l’IA n’est pas la technologie. C’est le gestionnaire.

Mais on ne peut pas demander à un gestionnaire en situation d’épuisement professionnel de guider les autres à travers l’incertitude et le changement. La santé mentale des gestionnaires se situe désormais à la croisée de votre stratégie RH, de votre stratégie IA et de vos performances commerciales. Les responsables RH qui le formuleront ainsi seront ceux qui présenteront les arguments les plus convaincants au conseil d’administration cette année.

« La santé mentale des gestionnaires n’est plus une simple question de bien-être. Elle se situe à la croisée de votre stratégie RH, de votre stratégie en matière d’IA et de vos performances commerciales. »

La question à se poser ce mois-ci

Réfléchissez à votre stratégie sur la santé mentale, le PAE, les campagnes de sensibilisation, et la formation que vous avez dispensés aux gestionnaires pour leur apprendre à reconnaître l’épuisement professionnel et à soutenir leurs équipes face à ce phénomène.

Maintenant, posez-vous la question suivante : qu’avez-vous mis en place pour soutenir les gestionnaires?

Dans sa série LifeSpeak, France St-Hilaire note que « qu’un manque d’écoute, de disposition dans un moment critique que pourrait vivre un collaborateur pourrait avoir l’effet d’une tornade sur la relation interpersonnelle que [le gestionnaire a] avec cette personne ». On attend des gestionnaires qu’ils soient la solution aux problèmes de santé mentale au travail, mais ils font trop souvent partie du problème, en grande partie parce qu’ils ne bénéficient eux-mêmes d’aucun soutien.

Les organisations exemplaires qui accordent la priorité au bien-être des gestionnaires affichent un taux d’engagement de 79 %, soit près de quatre fois la moyenne mondiale.

« La différence entre un taux d’engagement de 22 % et de 79 % n’est pas inévitable. C’est un choix. »

Elle reflète la mesure dans laquelle les personnes responsables de la santé mentale de tous les autres sont elles-mêmes prises en compte et soutenues.

Ce que révèlent les données lorsqu’un soutien est en place

Lorsque chaque membre d’une organisation a accès à un soutien significatif en santé mentale, y compris les gestionnaires, les retombées sont mesurables. Les membres de LifeSpeak indiquent systématiquement que bénéficier d’un soutien adapté change leur façon de travailler, de gérer le stress et la durée de leur engagement 97 % déclarent mieux gérer leur stress et éviter l’épuisement professionnel, 99 % sont plus performants au travail, 92 % sont plus enclins à rester chez leur employeur actuel, et 99,3 % affirment se sentir soutenus au travail et dans leur vie.

« On attend des gestionnaires qu’ils soient la solution aux problèmes de santé mentale au travail, mais ils font trop souvent partie du problème, en grande partie parce qu’ils ne bénéficient eux-mêmes d’aucun soutien. »

Ces résultats ne sont pas le fruit d’une simple mention des avantages sociaux dans le manuel de l’employé. Ils se concrétisent lorsque le soutien est accessible, fiable et adapté à tous les niveaux de l’organisation, y compris pour ceux qui soutiennent tout le monde.

Les meilleures stratégies en santé mentale n’oublient aucun échelon.

LifeSpeak accompagne les gestionnaires dans les brefs moments que leur laisse leur journée : entre deux réunions, après une conversation difficile, à la fin d’une longue semaine. Ce même soutien confidentiel dirigé par des experts s’étend à leurs équipes, aux membres de leur famille et à l’ensemble des quatre parcours de mieux-être de LifeSpeak : santé mentale, parentalité et aide naturelle, santé liée à la consommation de substances, ainsi que mise en forme et nutrition. Communiquez avec nous dès maintenant pour discuter des parcours de LifeSpeak qui correspondent à votre main-d’œuvre, commençant par les gestionnaires qui doivent tenir le coup.

 


Foire aux questions

Qu’est-ce que la santé mentale des gestionnaires et pourquoi est-ce important?

La santé mentale des gestionnaires désigne le bien-être psychologique des personnes occupant des postes de direction, un groupe qui a longtemps été négligé dans la conception des avantages sociaux. Des données récentes de Gallup montrent que l’engagement des gestionnaires a chuté à 22 % à l’échelle mondiale, son niveau le plus bas jamais enregistré. Comme les gestionnaires représentent environ 70 % de la variance dans l’engagement des équipes, leur santé mentale influence directement le bien-être, les performances et la fidélisation des personnes qu’ils dirigent.

Comment l’épuisement professionnel des gestionnaires affecte-t-il les employés qu’ils dirigent?

Un gestionnaire aux premiers stades de l’épuisement professionnel a tendance à se concentrer uniquement sur l’exécution opérationnelle, au détriment du travail relationnel qui soutient la santé de l’équipe. Les suivis deviennent plus courts. Les signes avant-coureurs passent inaperçus. La culture de sécurité psychologique qui empêche les problèmes de s’aggraver commence à s’éroder. Les recherches montrent systématiquement que l’épuisement professionnel chez les gestionnaires est un facteur direct d’épuisement professionnel, de désengagement et d’absentéisme chez les employés.

Que peuvent faire les RH pour s’attaquer spécifiquement à la santé mentale des gestionnaires?

Commencez par vérifier si votre stratégie actuelle en santé mentale inclut les gestionnaires en tant que bénéficiaires d’un soutien, et non seulement en tant que dispensateurs de celui-ci. Parmi les mesures concrètes, on peut citer la mise à disposition de ressources à la demande auxquelles les gestionnaires peuvent accéder entre deux réunions, la création de structures de soutien par les pairs au niveau des gestionnaires, et le suivi du bien-être des gestionnaires en tant qu’indicateur distinct de l’engagement général des employés. Les organisations exemplaires qui accordent la priorité au bien-être des gestionnaires affichent un taux d’engagement de 79 %, soit près de quatre fois la moyenne mondiale.

Qu’est-ce que « craquer en silence » et comment ce phénomène se manifeste-t-il chez les gestionnaires?

« Craquer en silence » est un terme utilisé par la consultante en organisation Dre Reena Kotecha, dont les ressources sur la plateforme LifeSpeak explorent la relation entre la culture d’entreprise et le bien-être individuel. Elle le décrit comme un état persistant de mal-être au travail, caractérisé par un désengagement et une lutte émotionnelle sous-jacente qui passe souvent inaperçue. Chez les gestionnaires, cela peut se traduire par des échanges plus brefs avec les subordonnés directs, une baisse de l’initiative, moins d’énergie au sein de l’équipe et un retrait progressif des tâches relationnelles liées au leadership. Ce phénomène a tendance à rester invisible jusqu’à ce qu’il devienne impossible à ignorer.

Si je suis un gestionnaire en difficulté, par où commencer ?

LifeSpeak propose des ressources conçues pour les personnes occupant des postes de direction, notamment la série complète de vidéos de France St-Hilaire sur la santé mentale des gestionnaires et la bibliothèque de la Dre Reena Kotecha sur le bien-être et la résilience au travail. Ces ressources sont disponibles à la demande, confidentielles et conçues pour être utilisées par courts intervalles. Si votre organisation propose LifeSpeak dans le cadre de ses avantages sociaux, vous pouvez accéder à ce soutien sans recommandation ni divulgation à votre employeur.