Pour de nombreux employés, la consommation d’alcool se fait à l’extérieur des heures de travail. Cependant, les conséquences de cette consommation se font sentir partout.
Les employeurs cherchent rarement à détecter un problème d’alcool. Ils se penchent plutôt sur l’assiduité, les évaluations de rendement et les scores d’engagement, et constatent un problème qu’ils ont du mal à identifier. Si la consommation a lieu à l’extérieur du travail ou ne crée aucun risque direct pour l’entreprise, elle ne concerne pas l’employeur, n’est-ce pas?
Faux.
Les employés se présentent au travail chaque jour avec leur vécu. La consommation d’alcool en dehors du travail – pour décompresser, pour composer avec les problèmes, pour tenir le coup – influence le sommeil, la régulation des émotions et la façon dont les gens se présentent le lendemain. Au fil du temps, cela contribue à une hausse de l’anxiété et de la dépression, à des troubles du sommeil et à divers problèmes de santé physique, qui font discrètement grimper les coûts de santé, sans que l’on puisse les relier directement à leur véritable source. Les réclamations ne mentionnent pas l’alcool, mais la tendance est là.
« Au fil du temps, cela contribue à une hausse de l’anxiété et de la dépression, à des troubles du sommeil et à divers problèmes de santé physique, qui font discrètement grimper les coûts de santé, sans que l’on puisse les relier directement à leur véritable source. Les réclamations ne mentionnent pas l’alcool, mais la tendance est là. »
La culture de la productivité a son côté sombre. Dans bien des milieux de travail, la volonté de rester occupé, de ne jamais s’arrêter et de toujours pousser plus loin n’est pas seulement normalisée; elle est récompensée. Pour les employés ayant une relation complexe avec les substances, ce rythme effréné peut discrètement aggraver le problème.
Ce phénomène est beaucoup plus répandu que la plupart des responsables des avantages sociaux ne l’estiment. Les employés qui vivent des difficultés liées à la consommation de substances ne sont pas toujours ceux qui semblent s’effondrer. Bien souvent, ce sont plutôt ceux qui donnent l’impression que tout est sous contrôle. Un horaire chargé, une productivité constante, la volonté de faire mieux et d’aller plus vite peuvent servir de stratégie d’adaptation qui masque ce qui se passe sous la surface. Jusqu’au jour où cela cesse de fonctionner.
Le coût pour l’entreprise n’est pas hypothétique. Selon le Conseil national sur l’alcoolisme et la toxicomanie, la consommation de substances coûte aux employeurs américains plus de 81 milliards de dollars chaque année. L’alcool est un facteur important de ces statistiques et, pourtant, reste l’un des domaines les moins pris en compte pour les avantages sociaux; non pas parce que les employeurs ne s’en soucient pas, mais parce que les employés qui ont le plus besoin d’un soutien de santé lié à la consommation de substances passent souvent inaperçus.
Pleine conscience et consommation d’alcool
Nous avons discuté avec Brianne Flaherty, qui compte parmi les plus de 500 experts de LifeSpeak, afin de comprendre ce qui alimente le cycle et ce qu’il faut pour y mettre fin. Brianne est conseillère canadienne certifiée en dépendances, praticienne principale en counseling clinique (statut provisoire), et professionnelle certifiée en traumatologie clinique. Elle accompagne individuellement des membres et leurs proches dans leurs démarches liées à la consommation de substances et au changement de comportements. Dans sa bibliothèque de ressources sur la plateforme LifeSpeak, elle propose des outils pratiques à appliquer immédiatement pour ralentir, gérer les envies de consommer et changer sa relation avec l’alcool. Son article intitulé Ralentir pour accélérer : une approche de pleine conscience à la santé liée à la consommation de substances constitue un excellent point de départ à explorer.
« Les employés qui vivent des difficultés liées à la consommation de substances ne sont pas toujours ceux qui semblent s’effondrer. Bien souvent, ce sont plutôt ceux qui donnent l’impression que tout est sous contrôle. Un horaire chargé, une productivité constante, la volonté de faire mieux et d’aller plus vite peuvent servir de stratégie d’adaptation qui masque ce qui se passe sous la surface. Jusqu’au jour où cela cesse de fonctionner. »
Quand horaire chargé et consommation d’alcool vont de pair
Dans la pratique de Brianne, un schéma se dessine systématiquement. Les employés qui tentent de changer leur relation avec l’alcool s’y prennent souvent en remplissant leur agenda, en se fixant des objectifs ambitieux et en restant en mouvement. En apparence, ces solutions leur donnent l’impression de faire des progrès, mais d’après l’expérience de Brianne, c’est rarement le cas.
« Le fait d’être très occupé, de tout planifier et d’agir est souvent une stratégie d’adaptation, explique-t-elle. Cela détourne l’attention de la douleur, ce qui fait que l’on se sent encore plus mal. Que l’on boive ou que l’on coure un 5 km, on ne fait que s’éloigner de l’expérience émotionnelle. »
Le mécanisme est le même, que l’exutoire soit l’alcool ou un agenda surchargé : il s’agit d’éviter l’expérience émotionnelle sous-jacente. Rediriger la stratégie d’adaptation ne résout pas le déclencheur; cela ne fait que le retarder. Et sans un soutien adapté, le cycle se poursuit, accumulant des coûts qui se manifestent rarement avant que la situation ne soit déjà grave.
C’est là que la pleine conscience entre en jeu; non pas comme une solution de secours, mais comme un mécanisme de changement durable.
La pleine conscience dans un contexte de consommation de substances
Quand il s’agit de consommation de substances, la pleine conscience ne se résume pas à des applications de méditation ou à des exercices de respiration (même si ceux-ci peuvent faire partie de la solution). Il s’agit de développer la capacité à ressentir une émotion difficile sans y échapper immédiatement, ou encore de remarquer l’envie de boire en restant présent à ce qui se cache derrière, suffisamment longtemps pour que cette envie perde de son emprise.
Brianne décrit l’approche comme apprendre à rester avec soi-même plutôt que de fuir de soi-même. Pour de nombreuses personnes ayant une relation complexe avec l’alcool, ces deux choses sont devenues indissociables.
Le mécanisme derrière cette approche? La flexibilité cognitive, c’est-à-dire la capacité à passer d’un état de pensée figé et réactif à un état plus adaptatif. Lorsque la flexibilité cognitive est faible, les envies s’intensifient, les déclencheurs semblent ingérables, et le chemin du retour vers l’alcool semble plus court que celui qui traverse l’inconfort. La pleine conscience vient élargir cet écart.
Brianne identifie quatre façons spécifiques dont cela se manifeste dans la pratique:
- Identification des déclencheurs: Prendre le temps de ralentir suffisamment permet de remarquer ce qui précède l’envie de boire. Une fois les déclencheurs identifiés, on peut planifier la réaction à ceux-ci, plutôt que de se laisser surprendre.
- Réduction des envies: Les envies sont alimentées par une pensée figée, centrée sur les substances. La pleine conscience interrompt cette boucle et ramène l’attention sur le moment présent, réduisant ainsi l’intensité de l’envie avant qu’elle ne se transforme en décision.
- Régulation des émotions: L’incapacité à supporter des émotions pénibles est souvent ce qui pousse à la consommation. La pleine conscience réduit l’intensité de cette détresse et favorise un rétablissement émotionnel plus rapide, rendant le prochain moment difficile plus facile à gérer que le précédent.
- Conscience de soi: Se reconnecter à ses valeurs et objectifs personnels renforce la motivation interne qui soutient le changement de comportement au fil du temps. C’est ce qui permet au changement de perdurer au-delà de l’effort initial.
Voilà des résultats fondés sur des données probantes. Les employés capables de réguler leurs émotions, de gérer leurs déclencheurs et de rester dans le moment présent sont plus engagés, plus constants et moins susceptibles d’atteindre un point critique qui nuit à leur entourage et à l’organisation.
« Brianne décrit l’approche comme apprendre à être avec soi-même plutôt que de fuir de soi-même. Pour de nombreuses personnes confrontées à une relation compliquée avec l’alcool, ces deux choses sont devenues indissociables. »
Qu’est-ce que cela signifie pour les responsables des avantages sociaux?
La consommation d’alcool se révèle rarement au grand jour dans le milieu de travail. Elle se traduit discrètement par une baisse de l’engagement, une augmentation de l’absentéisme et des réclamations de soins de santé sans cause apparente. Lorsque ce schéma devient visible, les coûts s’accumulent déjà depuis un certain temps.
Un soutien précoce, accessible et confidentiel change la donne. Il ne repose pas sur un problème de rendement pour forcer la conversation, ni n’oblige l’employé à se confier à son gestionnaire ou à passer par un processus d’orientation. Il permet d’offrir de l’aide avant que la situation n’atteigne un seuil qui affecte les personnes qui les entourent.
Les membres de LifeSpeak qui recherchent un soutien pour leur consommation de substances signalent systématiquement de grandes améliorations. En moyenne, 79 % réduisent leur consommation de 2,2 unités par jour, 77 % déclarent mieux fonctionner au travail et à la maison, et 79 % signalent une amélioration de leur santé mentale.
Les employés les plus à risque n’attendent pas qu’un programme de l’employeur leur indique qu’ils ont un problème. Beaucoup le savent déjà. Ce dont ils ont besoin, c’est d’un moyen d’accéder à un soutien sans avoir à se manifester ou à révéler leur situation à leur employeur.
En ajoutant le soutien de LifeSpeak en matière de consommation de substances pour les employés et les membres de leur famille, vous créez cette voie. Vous leur permettez d’accéder à leur propre rythme à des programmes confidentiels fondés sur des données probantes, à communiquer avec des accompagnateurs expérimentés comme Brianne, et à explorer des outils autoguidés sur la pleine conscience et le changement de comportement. Aucune orientation n’est requise, aucun obstacle ne se dresse entre le moment où une personne est prête et l’aide dont elle a besoin.
Si vous cherchez des moyens de mieux soutenir vos employés, découvrez notre solution de gestion de la consommation de substances ou communiquez avec nous.
Foire aux questions
Quel est le lien entre la pleine conscience et la consommation d’alcool?
La pleine conscience favorise le changement de comportement en développant la flexibilité cognitive, en améliorant la régulation des émotions et en renforçant la conscience du moment présent. Ces capacités réduisent les envies, aident les employés à identifier et à gérer les déclencheurs, et favorisent le type de changement durable que la volonté seule ne peut produire.
Pourquoi les employés très performants passent-ils souvent inaperçus lorsqu’ils vivent des difficultés liées à la consommation d’alcool?
Les employés qui consomment de l’alcool comme stratégie d’adaptation sont souvent très productifs et visiblement engagés au travail. La productivité et le fait d’être occupé qui masquent ce comportement peuvent être perçus de l’extérieur comme des atouts. C’est l’une des raisons pour lesquelles les problèmes liés à l’alcool sont sous-déclarés et insuffisamment pris en compte dans les programmes d’avantages sociaux.
Comment la consommation d’alcool à l’extérieur du travail affecte-t-elle le rendement professionnel et les coûts de santé?
La consommation d’alcool en dehors des heures de travail entraine des conséquences sur le sommeil, la gestion du stress et la régulation des émotions. Au fil du temps, la consommation contribue à une augmentation de l’anxiété, de la dépression et des troubles de santé physique qui font grimper le recours aux soins de santé et l’absentéisme. Cependant, ce phénomène est rarement associé à l’alcool dans les rapports sur les avantages sociaux.
À quoi ressemble un soutien confidentiel en matière de consommation de substances dans un contexte professionnel?
Un soutien confidentiel signifie que les employés peuvent accéder à un accompagnement, à des programmes et à des ressources sans impliquer leur gestionnaire, les RH ou leur employeur. Le parcours sur la santé liée à la consommation de substances de LifeSpeak est offert aux employés et à leur famille, sans aiguillage.
Pourquoi les PAE traditionnels sont-ils souvent insuffisants en matière de soutien à la consommation d’alcool et de substances?
Les PAE traditionnels proposent généralement un nombre limité de séances et comptent sur l’employé pour identifier son problème et se procurer de l’aide. Les taux d’utilisation se situent en moyenne entre 3 et 5 %. Pour un problème aussi stigmatisé et sous-déclaré que la consommation d’alcool, ce modèle d’accès laisse la plupart des risques sans réponse.
Les membres de la famille peuvent-ils bénéficier d’un accompagnement en matière de consommation de substances avec LifeSpeak?
Oui. LifeSpeak étend son accompagnement aux employés et aux membres de leur famille. Cela est particulièrement pertinent dans le cas de la consommation d’alcool, où les membres de la famille sont souvent fortement affectés et où le soutien familial peut grandement influencer le changement de comportement de l’employé.